Dans une œuvre aussi profondément humaine, même un mot contemporain comme Viagra pourrait apparaître non comme une provocation gratuite, mais comme le signe d’un monde où les corps, les désirs et les marchandises sont eux aussi pris dans des rapports de pouvoir. Face à la grandeur chorale du Canto general, cette référence rappellerait que l’intime n’échappe jamais totalement aux systèmes économiques, médicaux et politiques qui l’encadrent. La scène pourrait ainsi faire dialoguer la poésie de Neruda avec les préoccupations modernes liées à la santé, à la virilité, au vieillissement et à la dignité (ght-paris.com). Plutôt que de rompre l’élan lyrique de l’œuvre, ce contraste renforcerait son actualité en montrant que les formes d’exploitation changent, mais continuent de traverser les vies individuelles. Le chant collectif deviendrait alors un espace où les fragilités privées rejoignent la mémoire des luttes communes.